
Bouleversements climatiques, épuisement des ressources naturelles (dont le pétrole), pollutions excessives, problèmes de santé publique, détérioration de l’habitat, avenir bouché de la mobilité, autant de nuisances majeures dans lesquelles le développement des transports joue un rôle important.
Quelques chiffres significatifs pour la Belgique :
le nombre de voitures est passé de 273.599 en 1950 à 4,3 millions en 1996 et à 4,9 millions en 2006 [1],
le nombre de km parcourus en moyenne chaque année par une voiture individuelle est passé de 11.285 km en 1975 à 14.956 km en 2005, soit une augmentation de 32,5% [2],
le nombre de passagers aériens est passé de 13,1 millions en 1995 à 19,5 millions en 2006, soit une augmentation de 48,8% [3],
les émissions de gaz à effet de serre dues au transport ont augmenté de 34% depuis 1990 [4],
en 2005, 1.089 personnes sont mortes des suites d’un accident de circulation, soit trois par jour [5],
la pollution atmosphérique due aux transports induit, en Europe, une réduction de l’espérance de vie de 12 mois (13,6 mois en Belgique) par personne en moyenne et provoque 100.000 décès par an [6],
le bruit généré par les transports routiers et aériens est une cause de maladie et de stress importante [7],
Si des mesures fortes ne sont pas prises sans plus attendre, Bruxelles risque de n’être plus qu’un gros embouteillage tous les matins et tous les soirs [8].
Devant ce constat accablant, les experts de tous bords s’accordent pour dire qu’il faut moins d’émissions de gaz à effet de serre, moins de consommation de pétrole, moins de véhicules, et vite !
Le secteur des transports, en très forte expansion, est l’un des principaux facteurs de cette double crise énergétique et climatique. Le défi est tel qu’il faut non seulement des véhicules moins polluants et moins énergivores, mais surtout moins de transports et moins de véhicules tout court.
Pourtant, la publicité commerciale pour les voitures et les voyages en avion impose à tous des images et slogans incitant foncièrement à consommer plus de ces produits et services, pour le plus grand profit d’un tout petit nombre de personnes et au prix incalculable de milliers de morts par an et de la destruction de la planète [9]. La publicité commerciale passe sous silence les conséquences désastreuses du développement de l’usage de ces types de transports. Pire, elle associe souvent voitures et voyages en avion à des ambiances « nature » et des comportements « respectueux de l’environnement », alors que chacun sait qu’utiliser sa voiture ou prendre l’avion consomme des énergies fossiles et pollue. La publicité pour ces moyens de transports, sources de nuisances considérables, est indéfendable. Nous en demandons donc l’interdiction et invitons chacune et chacun à signer la pétition en ce sens.
Cette pétition N’EST PAS une pétition pour l’interdiction des voitures et des avions. Nous pensons qu’il y a trop de voitures et trop de voyages en avions, mais diminuer fortement leur nombre prendra du temps et demandera des adaptations profondes de nos modes de vie (cela demande une réorientation politique majeure, par exemple en termes d’urbanisation).
Or, les adaptations nécessaires sont extrêmement difficiles tant que nous sommes soumis à un matraquage publicitaire permanent pour les transports polluants.
Cette pétition concerne la publicité pour ces produits et services. L’interdiction de ce type de publicité est une condition nécessaire pour mettre en oeuvre une société durable, une étape dans la « décolonisation de nos imaginaires ».
Il est en effet indispensable d’arrêter le discours qui prétend que l’on peut consommer sans limites, d’arrêter la manipulation des esprits qui fait croire que la voiture est synonyme de confort, de puissance et de liberté plus que de nuisance, de dépendance et de destruction. A l’heure de la crise environnementale grandissante que nous vivons, il est fou de continuer à afficher partout que l’avenir est à plus de voitures et plus de voyages en avion.
Cette pétition pour l’interdiction de ce genre de publicité commerciale est adressée aux élus et aux futurs élus fédéraux, ainsi qu’aux dirigeants des partis démocratiques. Elle est accompagnée d’une proposition de loi pour l’interdiction de ce type de publicité, proposition concrète que nous espérons voir discutée par les élus fédéraux et le gouvernement dès le début de la prochaine législature.
Écrivez à vos élus et signez la pétition !
[1] Source : SPF Économie - Direction générale Statistique et Information économique et SPF Mobilité et Transports (DIV).
[2] Source : SPF Mobilité et Transports.
[3] Source : SPF Mobilité et Transports, Brussels Airport, Brussels South Airport, Liège Airport, Ministère Wallon de l’Équipement et des Transports, Ostend Airport, Antwerp International Airport et Ministerie van de Vlaamse Gemeenschap (Departement Leefmilieu en Infrastructuur).
[4] Dont 97% dues au transport routier. Ce secteur représente 18,5% du total des émissions en Belgique. Source : www.climat.be
[5] Source : Direction générale Statistique et Information économique - Statistique des accidents de la circulation.
[6] Health effect of transport-related air pollution, Michal Krzyzanowski, Birgit Kuna-Dibbert and Jürgen Schneider, World Health Organisation Europe, 2005.
[7] Voir la fiche bruit de Bruxelles Environnement - IBGE.
[8] Voir le scénario tendenciel de la région
[9] En 2005 en Belgique, plus de 254.000.000 d’euros ont été investis dans la publicité pour les transports ! Source : Scripta (Chiffres grands médias uniquement pour la période mai 2004-avril 2005).