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Présidentielles françaises : des prises de positions contre la publicité commerciale dans l’audiovisuel public

vendredi 30 mars 2007

Le débat sur l’évolution de l’audiovisuel public français a connu un petit rebondissement le lundi 26 mars dernier à l’occasion d’une rencontre organisée par la Fondation France Télévision qui organisait une journée d’étude sur le thème "Quel avenir pour l’audiovisuel public ?"

A quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, il convient de prendre les déclarations des différents groupes et candidats avec prudence. Outre-Quiévrain, on note cependant une convergence vers :
- la protection du service auduiovisuel public de la marchandisation et de la privatisation,
- la diminution voire la suppression de la publicité commerciale sur l’audiovisuel public.

On avait déjà entendu Dominique Voynet (Les Verts) déclarer :

« Quand j’entends les candidats rivaliser de promesses en matière culturelle, j’ai du mal à ne pas me souvenir de mon passage au gouvernement où, soyons réaliste, les discussions sur le budget de la culture n’étaient jamais aussi importantes que celles sur le budget de la défense. Qu’il représente 1 % du budget de l’Etat est évidemment un symbole, mais si l’essentiel de l’argent est utilisé pour rénover le patrimoine immobilier et l’acquisition d’œuvres, on n’a pas fait le boulot. Quelle part est réservée à la culture vivante, aux pratiques culturelles, à la culture pour tous et surtout de tous ? C’est quoi, l’exception culturelle à la française ? Des œuvres de prestige qui ont pour but d’être sélectionnées aux Oscars ou des créations plus intérieures, plus exigeantes ? Même nos fameux mécanismes censés aider la production artistique - telle l’avance sur recette pour le cinéma - ont des critères peu explicites. Et de plus en plus souvent l’équilibre économique d’un projet prend le pas sur l’exigence esthétique. Pour développer la création et surtout garantir la liberté de l’info, je suis ainsi favorable à la suppression de la pub sur les chaînes publiques ; elles seront financées par la redevance et un prélèvement sur les masses publicitaires investies dans les chaînes privées. Sinon, comment y parler librement du rôle de Total dans le naufrage de l’Erika, quand on sait le poids des pubs Total ? Je verrais bien aussi un collège d’usagers siéger au sein des chaînes publiques, comme au CSA. » [1]

Madame Royal propose quant à elle, dans la proposition 81 de son Pacte Présidentiel, de "Taxer les recettes publicitaires des chaînes privées en faveur de l’audiovisuel public".

Plus d’informations sur les diverses positions dans les comptes-rendus de La Libre et Le Monde ci-dessous.

Qu’en disent les candidats francophones aux prochaines élections législatives ?
Quel avenir pour la RTBF ?
La proposition actuelle d’adaptation de la directive européenne dite "Télévision sans frontières" est-elle acceptable ?


Désaccords sur l’avenir de l’audiovisuel public LE MONDE | 27.03.07

"Quel avenir pour l’audiovisuel public ?". A moins d’un mois du premier tour de l’élection présidentielle, la Fondation France Télévisions invitait, lundi 26 mars, au palais de la Mutualité à Paris, les représentants de tous les candidats à plancher sur ce thème devant des professionnels de l’audiovisuel. Au cours de ce débat animé par le journaliste Paul Amar, les représentants de l’UDF, de la LCR, du PCF, du FN, du PS, de l’UMP, du Parti des travailleurs (PT), du MPF et des Verts se sont prononcés pour un "service public fort", mais se sont montrés en désaccord sur les moyens d’y parvenir, notamment au sujet de son financement.

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Concernant les recettes publicitaires, la plupart des intervenants se sont prononcés pour une diminution, voire une "suppression progressive" comme le suggère le représentant de Marie-George Buffet (PCF).

En revanche, tous se sont opposés à la privatisation d’une chaîne publique. "Avec les nouvelles technologies, la privatisation est totalement derrière nous", a affirmé M. Joyandet. "Nicolas Sarkozy avait dit la même chose pour GDF", lui ont rappelé les représentants de la gauche. "Il y a et il aura toujours des menaces sur la télévision publique. La télévision n’est que le reflet de nos propres turpitudes et renoncements", s’est enflammé M. Mamère (Verts).


La télé publique vue par les candidats, La Libre 27/03/2007

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Tout le monde semblait d’accord sur un point : la nécessité de pérenniser l’audiovisuel public, dont l’objectif doit être de garantir "la diversité, le pluralisme, l’accès à l’esprit critique et aux oeuvres de création".

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Tous les représentants des candidats l’ont promis : il n’est pas dans leur intention de privatiser le service public. Francis Parny, représentant de Marie-George Buffet (PC), a assuré qu’il fallait "dégager les médias d’une logique de marchandisation. L’audiovisuel public souffre d’un distinguo insuffisant par rapport à l’audiovisuel privé". Didier Mathus, représentant de Ségolène Royal (PS), a insisté sur la nécessité d’" avoir des chaînes non liées à des intérêts marchands". Dans le même sens, Bruno Gollnisch, a affirmé au nom de Jean-Marie Le Pen (FN) que "le service public devait s’affranchir de la recherche d’audience à tout prix".

Comment atteindre cet objectif d’indépendance ?

D’aucuns ont proposé de réduire la publicité sur les chaînes publiques. "Cela passerait par une réforme de la redevance et par une taxe sur les recettes publicitaires des opérateurs privés, pour financer des programmes d’intérêt national", a précisé Didier Mathus, soutenu par le Vert Noël Mamère, représentant de Dominique Voynet, par Yves Le Yaouauk pour Olivier Besancenot (LCR) et par le représentant du PC. Ces derniers proposent un accroissement progressif de la redevance, en fonction des revenus, le FN et l’UMP refusant de reporter le problème sur les contribuables. L’UDF souhaite par ailleurs que les budgets de l’audiovisuel public soient gérés par une commission indépendante, et l’UMP, que les candidats au CSA soient désignés par des commissions parlementaires pluralistes.

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